La Diversification Alimentaire menée par Bébé (DME), ce qu'il faut savoir

Posté sur10 mois auparavant
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Baptisée par une infirmière originaire d’Angleterre, la diversification alimentaire menée par l’enfant séduit davantage de jeunes parents. Cette pratique consiste à fournir de l’autonomie à l’enfant lors de la découverte des aliments. Vous souhaitez en apprendre plus sur cette méthode qui gagne davantage en popularité ? Gros plan sur tout ce que vous devez savoir.

Quel est le principe de la diversification alimentaire menée par l’enfant ?

La diversification alimentaire menée par l’enfant (DME) est une approche reposant sur un principe simple, celui de laisser l’enfant découvrir par lui-même les aliments solides dès ses 6 mois. Elle porte également le nom d’alimentation autonome et doit sa dénomination à Gill Rapley, docteur en nutrition pédiatrique. Celle-ci est en effet considérée comme la mère de cette approche en ce qu’elle fut la première à la nommer par le terme « Baby Led Weaning ».

L’alimentation autonome est une parade à la diversification alimentaire dite classique. Elle se résume en l’introduction des nourritures solides utiles au développement des mâchoires de l’enfant. Ce dernier a la liberté de se saisir seul des morceaux et de les mettre à la bouche selon son propre rythme. Il va de soi qu’avec cette démarche, l’enfant se sert de ses mains plutôt que d’une cuillère. De plus, les compotes et purées sont abandonnées au profit d’aliments solides. Les aliments doivent être identifiables et séparés. Une assiette bébé compartimentée rend cela plus facile.

L’autre caractéristique de l’alimentation autonome reste la liberté laissée au bébé, l’intervention des parents est considérablement limitée. Au-delà de l’aspect ludique, cette démarche stimule la motricité de l’enfant dans la mesure où il est appelé à se nourrir seul.

bébé en plein repas

Quels avantages présente l’alimentation autonome ?

À l’instar de la démarche classique, l’alimentation autonome familiarise le bébé à de nouvelles textures, odeurs et aux diverses formes que peut prendre la nourriture. Aussi, il aura l’occasion de découvrir les saveurs et les goûts indépendamment.

Par ailleurs, le tout-petit pourra consommer des plats identiques à ceux des adultes de la famille dans son assiette bébé. Cela allège au passage la tâche aux parents qui n’auront qu'à préparer un repas unique. Précisons néanmoins que le bébé peut exprimer des réticences face à certains aliments tels que les viandes, de la friture et les mets sucrés ou salés. Il faudra alors lui concocter un plat particulier dans ce cas, le laisser manger seul dans un bol bébé à ventouse ou assiette bébé à ventouse.

L’alimentation autonome amenuise en outre les coordinations œil-main et main-bouche du bébé. Elle permet de mieux maîtriser ses signaux de faim dans la mesure où il mange à son propre rythme et uniquement lorsqu’il décide d'en avoir besoin. Il apprend tous seul à gérer sa propre satiété.

Concrètement, la DME gagne en popularité pour plus d’une raison :

  • Le bébé est initié tôt à la mastication
  • Vous limitez les provisions en produits issus de l’industrie agro-alimentaire tels que les compotes ou purées
  • Les risques de refus alimentaire lors des 2 ou 3 ans de l’enfant sont considérablement diminués
  • Votre bébé maîtrise vite la notion de satiété
  • Elle favorise l’apprentissage du langage.

Enfin, l’alimentation autonome constitue une alternative pertinente pour les bébés moins favorables aux purées.

À quel âge débuter l’alimentation autonome ?

Généralement, vous savez que votre enfant peut débuter une alimentation autonome lorsqu’il a environ 6 mois. À cette période, il possède une meilleure maîtrise de ses mouvements notamment ceux de sa langue. Certaines habitudes du bébé permettent de déceler le moment idéal pour initier une alimentation autonome. Ainsi, vous pouvez débuter lorsque :

  • Le bébé arrive est apte à se tenir assis sans soutien durant bon nombre de minutes. Il devra en effet s’asseoir sur une chaise haute
  • L'enfant a 6 mois (pour les prématurés, veuillez effectuer le calcul selon l’âge corrigé)
  • Le bébé est en mesure de prendre un objet et de le diriger vers sa bouche
  • Le tout-petit peut secouer sa tête de gauche à droite en signe de refus, puis de haut en bas.
  • L’enfant peut mordiller des objets

Aussi, il devra montrer un intérêt pour les repas que vous consommez, il aura notamment envie de manger dans l’assiette des adultes. Pensez donc à lui prendre une assiette qui colle à la table, et lui prendre des couverts bébé ergonomiques pour qu'il apprenne. Même s'il n'utilise que ses mains de temps de temps.

Toutefois, lorsque votre trésor présente des problèmes de coordination, une malformation au niveau de la bouche telle une fente palatine, l’alimentation autonome est déconseillée. Il en va de même pour un enfant ayant un retard de développement moteur.

Diversification alimentaire menée par enfant sur chaise haute

Quels aliments peut-on introduire et sous quelle forme ?

Tout comme dans la démarche conventionnelle de diversification alimentaire, certaines consignes sont à observer en matière d’alimentation autonome.

Quelle composition de plats et quels aliments ?

S’il n’est pas nécessaire de faire compliqué en matière d’alimentation autonome, les repas devront tout de même compter des aliments variés tels que :

  • Un ou plusieurs légumes ainsi qu’un fruit bien mûr ou mou
  • Les œufs, du poisson ou de la viande (en très petits morceaux) du fait de leur richesse en fer
  • Les légumineuses telles les lentilles et haricots dès ses 8 ou 9 mois
  • Le lait maternel ou les produits laitiers tels les yaourts, fromages ou du fromage blanc
  • Un aliment à base de féculents (Pommes de terre, du pain, des pâtes…)
  • Une matière grasse d’origine végétale comme de l’avocat ou du beurre de noix
  • Les céréales pour bébé

Quel format d’aliment faut-il privilégier ?

La forme des aliments est capitale pour une approche réussie, il faudra prendre en compte la facilité de préhension par le bébé. Ainsi, vous aurez à présenter les mets en formats spéciaux à savoir :

  • Les formes de bâtonnets pour les légumes bien cuits ou tendres (carottes, asperges, poivrons...)
  • La forme d’un cube excédant 3 cm pour du tofu ou du fromage. Vous avez également la possibilité de les râper.
  • Les formes de lanières
  • Les formes de bouquets
  • Le format d’une boulette ou d’une demi-lune

Les légumineuses doivent être incorporées dans les recettes sous forme de purée. Pour ce qui est de la texture, veillez soigneusement à ce que le repas soit fondant une fois dans la bouche. Pour vous en assurer, disposez l’aliment entre vos lèvres puis essayez de l’écraser. Vous pouvez faire de même entre votre palais et votre langue. Si vous parvenez à écraser l’aliment, votre enfant en fera de même avec ses gencives. Les aliments doivent être séparés l'un des autres, pour qu'il puisse choisir distinctement chaque goût. Pour éviter que tout se mélange trop rapidement dans son assiette, optez pour une assiette avec plusieurs compartiments.

Quelle taille pour les aliments ?

En ce qui concerne la taille de l’aliment, elle ne devra pas excéder celle de votre auriculaire. Ainsi, l’aliment pourra être visible même lorsque l’enfant ferme ses poings. Pour faciliter la prise de la nourriture, misez sur une grosseur équivalente à celle de la paume de la main du bébé.

Selon l‘âge de l’enfant, voici les tailles recommandées :

  • Entre 6 et 7 mois, misez sur de la nourriture en lanières ou en bâtonnets
  • Vers ses 8 mois, privilégiez les aliments à la taille d’une balle de golf
  • Entre 9 et 12 mois, misez sur les aliments de la taille d’un dé

Aux environs des 9 mois, vous pouvez offrir les aliments sous forme de gros cubes ou râpés.

bébé qui mange seul assis

Comment débuter une alimentation autonome ?

De prime abord, il faudra garder à l’esprit qu’un bébé ne possède pas les mêmes réflexes face à un repas qu’un adulte. Voici en substance les astuces utiles pour une DME réussie :

  • Demandez l’avis du pédiatre avant de vous lancer
  • Présentez le repas dans une assiette à ventouse et posez l’enfant sur une chaise haute
  • Présentez vous-même les repas à l’enfant pour commencer. L’intervention de la crèche ou des grands-parents est déconseillée, du moins dans les premiers moments
  • Posez un tissu sous la chaise haute et portez au bébé un bavoir à manches longues pour moins de contraintes au nettoyage
  • Mettez en évidence quelques morceaux d’aliments en face de lui
  • Les cuillères sont à éviter, de même que les purées
  • Prenez une portion d’aliment dans son plat et mangez devant lui afin de le stimuler
  • Gardez-vous de porter la nourriture à la bouche du bébé. Il saura recracher les portions trop épaisses.
  • Offrez les mets à une heure où l’enfant se sent reposé, après une sieste par exemple
  • Motivez le tout-petit en lui proposant la nourriture de votre assiette
  • Privilégiez un environnement calme, idéalement sans un autre enfant autour de la table
  • Attendez-vous à ce que l’expérience soit salissante au début dans la mesure où l’enfant aura à jouer avec la nourriture et à en mettre partout
  • Le temps de repas sera relativement long, il faudra respecter le rythme de l’enfant jusqu’à ce qu’il s’adapte à la fréquence des adultes au bout de 12 mois environ

Par ailleurs, le bébé aura éventuellement à consommer en faible quantité à ses débuts, le lait maternel saura compenser la majorité de ses besoins. Ne soyez pas découragé par le fait qu'il ou elle ne mangera qu'un morceau ou deux. Au contraire, félicitez les d'avoir pris le courage d'essayer une nouvelle saveur par eux-même.

 

Quels aliments faut-il éviter ?

Si la DME limite les risques d’étouffements, certains aliments sont toutefois déconseillés, à savoir :

  • Les légumes et fruits non épluchés ou à la pelure fine
  • Les aliments de petite taille ou de forme ronde tels les raisins entiers ou saucisses
  • Les aliments partiellement cuits ou crus (viande, œufs, poissons…)
  • Les noix ou arachides entières
  • Les repas à base de sel ou de sucre
  • Les aliments durs sous une forme crue (carottes, céleri, brocolis…)
  • La nourriture collante de consistance pâteuse (les fruits séchés, du pain de mie, du pain plat, les épinards crus, la laitue…)

Avant ses 12 mois révolus, gardez-vous de donner du miel à votre enfant afin de prévenir tout risque de botulisme infantile. Il s’agit d’une maladie rare et fatale touchant les tout-petits de moins d’un an.

 

Vous en savez un peu plus sur la diversification alimentaire menée par l’enfant et les recommandations utiles à sa réussite. Rappelons qu’il est capital de donner du temps à votre trésor afin qu’il trouve son propre rythme. En cas d’inquiétudes, n’hésitez pas à recourir à un pédiatre ou un nutritionniste.

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